Faire l'effort d'être un homme
"L’homme” désigne à la fois l’homme et la femme. Il est plus rare que “la femme” désigne un homme. Eh oui, nous femmes, nous avons le privilège de pouvoir être également des hommes. J’écris “pouvoir être” plutôt qu’”être”, car il y a de la grandeur dans l’Homme, qui mériterait un effort joyeux que tous ne sont pas prêts à faire, oscillant entre l’ange et la bête, comme dirait Pascal.
« Souviens-toi que si je t’aime comme femme c’est aussi parce que je t’aime comme homme. (…) Et rien, jamais, ni le mariage, ni l’amour ni les enfants ne te rapprocheront de moi plus que ça : l’effort d’être un homme. »
C’est ce qu’écrit Romain Gary à Christel Kryland dans une très jolie lettre d’amour.
Et vous les hommes au masculin, quand pourrons-nous vous “aimer comme femme”? ;-)
QUE DIRIEZ-VOUS (hommes et femmes) de redécouvrir ce merveilleux auteur, à travers l’exposition “Romain Gary – des Racines du ciel à La Vie devant soi”, qui a lieu jusqu’au 20 février 2011 au:
Musée des lettres et manuscrits
222, boulevard Saint-Germain
75007 Paris
J’aimerais mettre à l’honneur deux romans de lui que j’avais particulièrement aimés et dont je vous livre un petit extrait choisi, afin de susciter en vous le désir de les lire et/ou de les relire:
• Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable:
“Reste ainsi. Ne bouge pas. Que ce soit pour toujours. Donne-moi ton souffle. De petites éternités égrènent leur infini sous mon poignet et pour une fois elles ne parlent pas du temps qui passe mais de celui qui s’est arrêté au bonheur. Il y a, bien sûr, un monde extérieur, un monde où l’on meurt et où l’on a faim, mais c’est seulement là une connaissance que nous dictent nos principes humanitaires. J’écoute la voix du Récitant qui murmure dans ma poitrine, et mes feux éteints sont doux comme la soif apaisée.”
Ce que nous révèle la couverture du livre:
“Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux. A la suite des confidences angoissées d’un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s’insinue en lui, l’envahit, le détruit, ne le quitte plus.
En osant s’attaquer à un sujet tabou, Gary a soulevé un débat passionné, qui a connu un grand retentissement. Mais sonlivre cru et dur, dominé par un humour amer, reste aussi un roman d’amour plein de tendresse."
• Clair de femme:
“Lorsqu’on a aimé une femme de tous ses yeux, de tous ses matins, de toutes les forêts, champs, sources et oiseaux, on sait qu’on ne l’a pas encore aimée assez et que le monde n’est qu’un commencement de tout ce qui vous reste à faire. Je ne vous demande pas d’entrer en religion avec moi, je sais que vous avez seulement voulu aider une femme, rendre sa mort plus douce. Nous nous sommes parlé toute la nuit, mais je ne vous ai presque rien dit, parce que ce sont vos lèvres qui me parlaient d’elle. Et vous ne saurez jamais à quel point elle croyait en vous et vous faisait confiance. Nous allions souvent à Flot, elle préférait la grande forêt à la mer, qui est si changeante. Elle se savait perdue, mais cela ne se voit pas dans les paysages. Lorsqu’on lui demandait de quel signe elle était, elle répondait en riant: “Luciole.””
Ce que nous révèle la couverture du livre:
“Ce roman est un chant d’amour à cette “troisième dimension” de l’homme et de la femme: le couple.
L’union de Yannick et Michel est rompue par un destin inéluctable. Mais un désespoir d’amour qui désespérait de l’amour est pour eux une contradiction qu’ils ne peuvent admettre. Il faut donc triompher de la mort. Yannick dit à Michel: “Je vais disparaître, mais je veux rester femme. Je te serai une autre. Va vers elle. Va à la rencontre d’une autre partie féminine. La plus cruelle façon de m’oublier, ce serait de ne plus aimer.” Et c’est ainsi qu’apparaît Lydia et que se reformera, dans une célébration passionnée, au-delà de l’éphémère, la patrie du couple, où “tout ce qui est féminin est homme, tout ce qui est masculin est femme”.
Informations pratiques pour vous rendre à l’exposition:
Métro : Rue du Bac (ligne 12), Sèvres-Babylone (lignes 10, 12), Saint-Germain des Prés (ligne 4)
Autobus : lignes 63, 68, 69, 83, 84, 94
R.E.R : Musée d’Orsay (RER C)
Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 19h . Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30. Fermeture hebdomadaire le lundi.
Tarifs :
• Plein tarif : 7 euros
• Tarif réduit : 5 euros
• Gratuit pour les moins de 12 ans
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