Mariage de l'intérêt privé et de l'intérêt collectif au travail

En me promenant sur le net de clic en clic, je suis tombée sur cet article publié sur le site “enquete-debat.fr” par M. Renaud Dozoul:
Idée reçue : « La recherche de l’intérêt privé est en contradiction avec l’intérêt collectif »
23 novembre 2010, 23:36 Renaud Dozoul 0 commentaire
Sans doute l’une des idées fausses les plus ancrées dans les têtes, à droite comme à gauche. Il y aurait toujours quelque chose de suspect ou d’un peu honteux à chercher son intérêt. Un mélange de cupidité et d’égoïsme. Bref, le seul intérêt qui vaille, serait le fameux « intérêt collectif », que ses défenseurs ont tant de mal à le définir qu’ils se réfugient le plus souvent derrière une soi-disant évidence, qui voudrait que « collectif » implique généreux et universel.
J’ai un boulanger. Il se lève au milieu de la nuit, sélectionne les meilleures céréales, et choisit ses levures pour faire un pain croquant et charnu. Pourquoi ? Pour le vendre. Pour gagner de l’argent. Pour lui.
Et meilleur sera son pain, mieux il le vendra. Tout le quartier sait d’ailleurs qu’il faut acheter son pain place Vavin.
L’équation est simple : Plus mon boulanger recherche son intérêt, en faisant du bon pain, plus la collectivité trouve son intérêt : manger du pain toujours meilleur. Et ce qui est vrai pour le boulanger est vrai pour tout ! En voulant bien faire pour soi, on fait bien pour tous. La collectivité bénéficie ainsi des initiatives individuelles qui essaient d’être au plus près des besoins du monde, et dont la somme est la seule chose qui puisse donner une idée de ce qu’est le « bien commun ».

1ère erreur: le titre: ce n’est pas un cliché ni une idée reçue: la recherche de l’intérêt privé n’est pas forcément en contradiction avec l’intérêt collectif: qui pourrait démentir une telle évidence? Parfois ces deux intérêts convergent de manière immédiate, parfois de manière invisible et parfois ils leur arrivent de carrément diverger. Tous les cas de figure sont possibles. Et personne ne reprochera à un paire de poursuivre un intérêt privé qui aille dans le sens de l’intérêt collectif. Ce qui est blamâble et suspicieux, à juste titre, c’est lorsque l’intérêt privé prend le pas sur l’intérêt collectif: cela mène à des catastrophes, y compris pour celui qui pense ainsi réaliser des bénéfices. Car sur le long terme, c’est toujours l’intérêt collectif qui aura raison de l’intérêt privé, en raison même de leur nature respective. Comment une vague pourrait rivaliser avec un océan, dont elle est issue?
Donc l’idée reçue n’est pas si reçue que cela, ni si fausse que cela.

2ème erreur: la comparaison avec le boulanger qui ferait le meilleur pain “grâce” à la poursuite d’un but égoïste.
Le boulanger qui fait le meilleur pain pour gagner de l'argent, "pour lui" comme il l’écrit, n'existe pas. Parce que pour faire le meilleur pain, il faut y mettre de l'amour. Ce monsieur oublie cet élément, pourtant essentiel, qui donne du goût aux choses. L’amour. Certes il existe aussi l’amour de soi. Mais celui-ci n’est intéressant (et épanouissant) que dans la mesure où il permet l’amour des autres. C’est en grande partie parce que le boulanger mettra de l'amour dans son pain qu'il fera le meilleur pain. Pourquoi pensez-vous que les plats “faits maison” aient très souvent un meilleur goût? Parce que le cuisinier fait ses plats avec amour, avec l’intention de ravir ses hôtes, qu’il a pris le temps de choisir les meilleurs ingrédients et d’y mettre la meilleure volonté. Ainsi le boulanger qui met du coeur à l’ouvrage, fera très probablement le meilleur pain et, par conséquent, finira également par être le boulanger le plus riche, parce que toute richesse intérieure finit inévitablement par s'exterioriser et se matérialiser.

Mais celui est est pauvre intérieurement se comporte comme un goufre jamais rassasié. Cette pauvreté intérieure est d'ailleurs la raison pour laquelle de très nombreuses personnes fortunées se sentent souvent malheureuses. Parce qu'elles ne recherchent que l'argent, leur intérêt égoïste et qu'elles n'ont jamais apaisé la faim à l'intérieur d'elles-mêmes. Par conséquent elles ont toujours l’impression de payer trop d’impôt, que le voisin est plus heureux qu’elles, qu’un voleur se dissimule pour leur voler leurs biens etc.. Je caricature, évidemment, mais ce type de personnes est tout de même assez répandu et sa population (contrairement aux éléphants) augmente, hélas!

Pour gagner beaucoup d'argent, il faut être désintéressé. Ce n'est évidemment pas une condition suffisante, mais c'est une condition nécessaire.
Or ce qui est terrible, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui ne recherchent que leur propre intérêt de manière très égoïste. Et non seulement cela ne les enrichit pas, mais cela les appauvrit, tout étant potentiellement dangereux pour leur entourage.

Vous pensez peut-être “l’amour, c’est invisible, je ne crois qu’à ce que je vois”?
Alors je me permettrai de vous citer un philosophe que je trouve particulièrement censé:
"Quelqu'un dit: "Moi, je ne crois qu'à ce que je vois!" Eh bien, c'est tout simplement qu'il ne réfléchit pas. Car avec quoi est-il occupé jour et nuit? Avec ses pensées et ses sentiments, mais aussi avec les pensées et les sentiments des autres. Est-ce qu'il les voit? Non. Alors, comment se fait-il que ces pensées et ces sentiments représentent pour lui une telle réalité? Deux êtres s'aiment, ils ne voient pas leur amour, ils ne le touchent pas, mais à cause de lui ils sont prêts à remuer ciel et terre. Et l'âme, et la conscience, qui les a vues? Quand au tribunal un juge condamne un malfaiteur "en son âme et conscience", comment peut-on accepter qu'il décide du sort d'un homme au nom de quelque chose qu'on n'a jamais vu?
Sans vouloir l'admettre, les humains ne croient qu'à des choses invisibles, impalpables. Ils pensent, ils aiment, ils détestent, ils souffrent, ils se réjouissent. Ce qui les rend capables d'avoir ces pensées et ces sentiments reste invisible, mais en même temps ils s'obstinent à prétendre qu'ils ne croient qu'à ce qu'ils voient. Quelle contradiction!”

Mariage de l'intérêt privé et de l'intérêt collectif au travail

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